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lundi 2 mai 2016

Passé Présent Futur



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Passé Présent Futur

Le Passé,
le dos courbé fouillant ses souvenirs
et le Futur les yeux tournés vers l'avenir conversaient
il n'y a pas si longtemps.


Je ne vous comprends pas, disait le Passé.
Vous perdez votre temps!
Où pensez-vous allez avec vos rêveries?
Vous n'êtes même pas sûr d'être encore là demain.
***********


Peut-être répondit le Futur,
Mais puis-je vous dire que pour ma part,

je trouve votre attitude quelque peu farfelue.
Vous vous nourrissez de choses disparues

qui ne reviendront plus et de plus impossibles à changer.
Avouez qu'il faut être vraiment un peu bizarre

pour se complaire ainsi dans un monde désuet et qui,
dans bien des cas, est rempli de regrets.
**********


Plein de respect envers ses pairs,
Le Présent avait écouté toute la conversation.
Messieurs, dit-il alors,

 puis-je me permettre d'émettre une opinion?
Allez-y dirent le Passé et le Futur

pour une fois d'accord.
Vous avez la parole, nous vous écoutons.
Le Présent, calmement, énonça ce qui suit:
**********



Mon cher Passé,
avec vos souvenirs,il est clair
que vous êtes précieux,
pour autant bien sûr qu'ils soient agréables,
plaisants et heureux.


Quand à vous cher Futur rêveur,
plein de projets,il y a là une question de mesure:
Les projets, il en faut, c'est bien évident

car ils sont des moteurs d'action,
Mais ils ne doivent pas cependant

entraver le parcours du présent,
Qui lui, a comme mission de vivre

intensément chaque minute,
chaque heure ou encore chaque moment.
Souvenirs ou projets, ne peuvent en aucun cas

museler le présent ou limiter sa vie,
Mais bien tout au contraire le rendre plus attrayant,

accompagné par quelques beaux souvenirs,
alors le Présent se vivra pleinement.

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dimanche 1 mai 2016

Poème 1er Mai




4B
4B
1er Mai
"Poème écrit par un homme pour son épouse,
pendant sa captivité, il y a plus de 60 ans.»
*****
Depuis plus de quatre ans que je suis prisonnier.
Mes jours heureux, sont, quand je reçois du courrier.
Les lettres sont pourtant presque toujours les mêmes.
Je suis en bonne santé, te souhaitant de même.
Puis invariablement pour terminer, toujours.
Je conserve l'espoir de ton prochain retour.
*****
Mais, dans un coin d'une lettre que j'ai reçue.
Un petit brin de muguet y était cousu.
Vraiment, c'est enfantin d'envoyer ce muguet.
Je pourrais en avoir, ici, tout un bouquet.
Qui ne serait pas fané comme celui-ci !
Dans les bois allemands, le muguet pousse aussi.
*****
Et, comme pendant un moment, je restais là.
Soudain, le petit brin de muguet me parla.
- Excuse, me dit-il, si j'ai triste figure.
Pourtant, si tu savais, j'étais beau je t'assure.
Tu as l'air d'en douter, tu ne veux pas me croire ?
Je vais, pour te convaincre, conter mon histoire.
*****
D'abord, j'ai vu le jour là-bas, très loin d'ici.
C'est sur le sol français qu'un matin j'ai fleuri.
A l'ombre des grands bois, au milieu d'autres fleurs.
J'ai vécu, sans savoir que c'était le bonheur.
*****
Je buvais, le matin, la rosée bienfaisante.
Je puisais dans le sol, nourriture abondantes.
Je voyais, le ciel bleu, la lune ou les nuages.
Je voyais, le soleil à travers le feuillage.
C'est lui qui me chauffait de ses rayons ardents.
Ainsi, rapidement, j'ai pu devenir grand.
*****
Comme il faisait bon, comme tout était beau.
Nous avions chaque jour, le concert des oiseaux.
Tu as dû, toi aussi, l'écouter, autrefois.
N'est-ce pas, qu'il faisait bon vivre dans ces bois ?
J'aurais dû ne jamais rien désirer de plus.
Pourtant je subissais l'attrait de l'inconnu.
Je pensais que peut-être, je serais cueilli.
Comme porte-bonheur, et j'en étais ravi.
*****
Une dame, en passant, devina mon désir.
S'approchant doucement, elle vint me cueillir.
Me prenant dans sa main, avec d'autres muguets.
Nous formions à nous tous, un superbe bouquet.
Qu'auprès de son visage elle approchait souvent !
Humant notre parfum tout en nous contemplant.
*****
Chez elle dans un vase à demi rempli d'eau.
Pour conserver longtemps ce muguet frais et beau.
Nous avons parfumé ce qui nous entourait.
Dans cet appartement coquet, je me plaisais.
Mais quand, le lendemain, parmi les plus jolis.
Qu'elle avait mis à part, c'est moi qui fût choisi.
J'étais heureux et fier d'être le préféré.
J'entrevoyais, pour moi, l'avenir tout doré.
Puis au coin de la lettre, où je suis maintenant.
La dame m'a placé, cousu, soigneusement.
Avec des gestes tendres, n'osant m'effleurer.
Tout comme si j'étais une chose sacrée.
*****
Puis elle contempla ce travail achevé.
Vérifiant pour que rien ne soit détérioré.
Alors en se penchant, je m'en souviens toujours.
Elle me donna pour toi, un doux baiser d'amour.
En me murmurant, va, toi, qui porte-bonheur.
Va, donner ce baiser à l'élu de mon cour.
Qui, dans les barbelés dont il est entouré.
Est privé de caresses depuis des années.
*****
Ainsi dans la lettre pliée, je suis parti.
Mais, tu peux savoir tout ce que je souffris.
Depuis ce moment pour arriver jusqu'à toi.
Le tampon des postiers m'écrasa maintes fois.
Je fus aussi jeté, bousculé, rejeté.
Écrasé sous de lourdes piles de paquets.
Je suis resté des jours, peut-être des semaines.
Entassé dans des pièces sombres et malsaines.
Mon parfum s'échappait par toutes mes blessures.
Vingt fois, j'ai cru mourir, mais j'avais la vie dure.
*****
J'ai cru aussi deux fois que j'étais arrivé.
La lettre, brusquement, se trouva dépliée.
Mais c'était fait par des personnes étrangères.
Qui ont lu, et relu, ta lettre toute entière.
Devant tant d'indiscrétion, j'étais indigné.
Pourtant je dois te dire que nul ne m'a touché.
Avec le doux baiser que j'ai reçu chez toi.
J'ai conservé un reste de parfum pour toi.
*****
Mais, tu es impassible. Me suis-je trompé ?
N'est-ce donc pas à toi, que j'étais adressé ?
Pourtant, j'en suis certain, là-bas, sur le buffet.
J'ai vu, ta photo, près du bouquet de muguet
*****
Sur ce, le brin de muguet, cessa de parler.
Et moi, un peu confus, je m'en suis approché.
C'est vrai, que du parfum s'en exhalait encore.
Non pas, le doux parfum de fleur qui vient d'éclore.
Cependant cette odeur m'a quelque peu grisé.
Le papier de la lettre en était imprégné.
Et sur mes lèvres, j'ai senti, il m'a semblé.
Recevoir la caresse de ma bien aimée.
J'en étais tout ému, je ne puis l'expliquer.
Aussi c'est bête, voyez-vous, mais j'ai pleuré !
***
Pierre Julien